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LA GROTTE

la grotte est d’abord l’histoire d’une rencontre, ou d’une série de rencontres : rencontre entre un corps et un environnement tout d’abord – celui de la Grotte des Combarelles en Dordogne. Au contact de ces parois gravées de motifs humains et animaux il y a plus de 13000 ans, le chorégraphe Pol Pi a fait l’expérience d’un double mouvement de décentrement et d’élargissement ; au cœur des boyaux qui s’enfoncent dans la terre, il a ressenti comme un appel à déchiffrer et à incorporer l’existence de ces présences multiples – à transmettre quelque chose de ce que ce lieu a à nous apprendre.


C’est aussi la rencontre avec Monique Veyret, guide de la Grotte des Combarelles, et son attention à lire ces silhouettes fragiles, à apprendre la grammaire des traits déposés sur la pierre à la lueur d’une lampe à graisse. Là, le dos d’une lionne, ici, la tête d’un cheval, l’ébauche d’une figure féminine stylisée – utilisant les reliefs, les creux de la roche. La lecture des signes, et toutes les correspondances qui s’établissent entre eux permet de découvrir la variété des devenirs, l’entremêlement constant des formes du vivant. Utilisant la transe cognitive auto-induite comme outil de création – afin d’entrer en résonance avec d’autres états, d’autres voix, d’autres usages de son corps – Pol Pi a composé une chorégraphie à la manière d’une visite guidée. Ce voyage intérieur nous entraîne conjointement en lui-même et dans les recoins d’un lieu imaginaire en train de prendre forme. Tout être est multiple semble nous murmurer la grotte à mesure que les figures animales se révèlent, mutent et se recomposent dans sa chair.


Corps tiraillé, amplifié, parcouru d’intensités, Pol Pi nous invite à une traversée sensorielle, sonore et physique. Sa danse donne naissance à d’autres formes d’existence, d’autres modes de relation avec le dehors, et déploie toutes les métaphores de la grotte – lieu secret, refuge, entrailles ou utérus. Fouille archéologique tout autant que rituel de fertilité, la grotte façonne des créatures singulières, fait entendre des voix, advenir des mondes. Après ALEXANDRE et Me too, Galatée, Pol Pi poursuit son exploration des devenirs, dans un désir de troubler le genre au-delà de l’humain et de creuser les potentiels de métamorphose du corps.

Gilles Amalvi




©Tomas Cali dos Anjos



NOTE D’INTENTION, par Pol Pi


Poussé par les recherches de Corine Sombrun sur les états modifiés de conscience, j’ai entamé début 2022 une relation avec la grotte des Combarelles, en Dordogne, une grotte préhistorique dont les parois ont été gravées il y a environ 15 000 ans.Une relation, parce que la transe nous apprend que nous ne travaillons pas « avec » ou « sur » quelque chose, mais « à côté » et « en relation avec » des entités humaines et non humaines. Il s’agit toujours de se demander « qu’est-ce que j’ai à apprendre de cet arbre, de ce cheval, de cette grotte, de cet ancêtre, de cette idée ? ». Et la grotte des Combarelles a tant à m’apprendre.


Embrasser les devenirs de l’altérité, accueillir le mouvement plutôt que le provoquer, celaa toujours fait partie de ma façon de comprendre ce que nous appelons la danse. J’ai commencé à danser à travers le théâtre physique et le butoh, où ces principes étaient très présents, ainsi que la recherche de multiples états de corps. La rencontre avec la méthode de transe de Corine, la « transe cognitive auto-induite », a été comme une plongée plus profonde et plus intense dans ce qui était déjà là.


Grâce aux expériences d’immersion dans la grotte des Combarelles et à la pratiquede la transe en interaction avec la grotte à distance, une riche palette de matériaux de mouvement et d’états corporels a émergé, tous accompagnés de sons vocaux. Nous avons organisé et encadré ces mouvements et ces sons comme une visite guidée fictive dans une grotte préhistorique. Dans ce sens, les paroles prononcées par Monique, la guide qui nous accompagnait pendant les visites, sont un important point d’appuis pour l’écriture de nos textes.


Cette recherche traite de l’incarnation des multiples autres qui sont en nous, traversant les frontières entre les espèces, le temps, le genre, l’humain et le non-humain. Et comme toutes mes performances, elle est aussi intime-politique : par-dessus tous les devenirs, ce processus parle de mon propre « devenir-grotte », de mon désir de grossesse en tant qu’homme trans, et de la question du droit de créer et de porter la vie.




Un projet de et avec Pol Pi, en collaboration avec

Tamar Shelef : regard extérieur

Gilles Amalvi : création sonore, avec la participation de Diane Blondeau

Rima Ben Brahim : création lumières

La Bourette : création costumes

Alicia Zaton : recherches plastiques

Baptiste Chatel : conseils en ingénierie sonore

Corine Sombrun/TransScience Research Institute : transmission/accompagnement en transe cognitive auto-induite


Remerciements: Marc Martinez et Monique Veyret, administrateur et guide de la Grotte de Combarelles.


Production : NO DRAMA

Production déléguée : Latitudes Prod. - Lille / Charlotte Martiaux

Administration : Adèle Devos

Communication : Louise Marion – Astrid Herbron


Coproduction :  La Briqueterie - CDCN du Val-de-Marne

Accueil en résidence d’écriture : Les Grandes Fenêtres, lieu de rencontre, création, expérimentation, recherche interdisciplinaire basé à la Villa les Roses, Excideuil, Dordogne Périgord Vert.


La première étape de travail de la grotte a été produite par le programme ‘Mondes nouveaux’ mis en œuvre par le ministère de la Culture dans le cadre de France Relance





© Jean Gros-Abadie

© Tomas Cali



© Latitudes Prod

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